Édition scientifique à l'ère de l'Open Access

Le CNRS et l’Université de Lorraine encouragent leurs scientifiques à ne plus payer d’APC

Le CNRS et l’Université de Lorraine ont récemment émis des recommandations incitant leurs chercheurs à ne plus payer d’APC (Article Processing Charges) pour assurer le libre accès à leurs publications.

Dans une note très claire, publiée en mars dernier, le Comité opérationnel publications ouvertes (COPO) de l’Université de Lorraine détaille les éléments factuels à garder à l’esprit concernant les APC ainsi que les recommandations de l’établissement. Il est ainsi rappelé que :

  • Le dépôt des publications dans les archives ouvertes (voie verte) est conforme aux exigences de libre accès des financeurs nationaux et européens.
  • Le paiement des APC pour publier en libre accès n’est en aucun cas une obligation.
  • La majorité des revues purement Open Access sont sans APC (revues diamant). Toutes disciplines confondues, 70% des revues Open Access recensées dans le DOAJ sont sans APC. Ce pourcentage est variable selon les disciplines et généralement plus faible dans le domaine biomédical : recherchez les journaux de votre discipline dans le DOAJ (facette « subjects » sur le côté gauche) et cliquez sur « Without article processing charges (APCs) » pour vous faire une idée.
  • Les revues hybrides font payer deux fois les établissements : à travers les abonnements (pour lire) et à travers les APC optionnels payés par les auteurs (pour publier).
  • La publication en Open Access coûte de plus en plus cher aux chercheurs et à leur institution.
  • Les APC demandés ne correspondent pas aux coûts réels de publication : selon une étude de 2021, « les coûts réels de publication vont de moins de 200 $ par article dans les plateformes d’édition modernes à grande échelle utilisant l’examen par les pairs après publication, à environ 1 000 $ par article dans les revues prestigieuses dont le taux de rejet dépasse 90 %. Les coûts de publication d’un article savant représentatif s’élèvent aujourd’hui à environ 400 $ »

L’Université de Lorraine émet ainsi les recommandations suivantes :

  • Privilégier la voie verte des archives ouvertes pour assurer le libre accès aux publications ;
  • Préférer la publication dans les revues en libre accès sans APC (voie diamant) ;
  • Éviter de payer des APC, en particulier pour les revues hybrides.

Dans son communiqué du 7 avril dernier, Alain Schuhl, directeur général délégué à la science du CNRS, émet des recommandations similaires :

  • « Le CNRS demande instamment à ses chercheurs et à ses chercheuses de ne surtout pas payer pour publier un article dans une de ces revues [hybrides]. Ce serait payer deux fois. La solution recommandée et gratuite pour l’auteur est de déposer son manuscrit dans les archives ouvertes. »
  • « Le CNRS recommande l’application de cette stratégie [de non-cession des droits (Rights Retention Strategy)]. »
  • « Il est possible de publier dans une des nombreuses revues en accès ouvert qui n’exigent pas de frais de publication. Ce modèle dit « diamant », financé par des subventions académiques, permet aux chercheurs et aux chercheuses de diffuser leurs travaux en accès ouvert sans payer de frais de publication et d’y lire les articles gratuitement. »

 

Sources :

  • Bassinet, Aricia, Bouchet-Moneret, Florence, Delacour, Hélène, Dreyer, Erwin, Hahusseau, Rudy, Lentretien, Celia, Lutz, Jean-François, Maire, Laure-Hélène, Ramdani, Karim, & Sadowska, Jozefina. Article processing charges (APC) : l’Université de Lorraine recommande de les éviter (2022). Zenodo. https://doi.org/10.5281/zenodo.6387480
  • Le CNRS encourage ses scientifiques à ne plus payer pour être publiés (2022). CNRS Info. https://www.cnrs.fr/en/node/6643