Le modèle Open Access doré, qui demande le paiement de frais de publication aux auteurs ou à leur institution, est devenu dominant dans l’écosystème de la publication scientifique. Pour sortir de ce modèle de plus en plus coûteux, il est nécessaire que les institutions de recherche fassent preuve d’une véritable volonté de soutenir les modèles vertueux (Open Access diamant, modèle Subscribe to Open – S2O) ainsi que les infrastructures sur lesquelles s’appuie la science ouverte (DOAJ, DOAB, Peer Community In…). Plusieurs billets de blog récents sont consacrés à ce sujet.
Dans un article publié sur le blog Scholarly Kitchen, Rick Anderson commente l’idée selon laquelle la transition vers un système totalement ouvert pourrait simplement passer par une réorientation des financements : les frais d’abonnement qui ne seraient plus payés par les institutions seraient réaffectés au financement des modèles de publication sans frais de lecture (abonnement) ni frais de publication (APC).
Il imagine un système dans lequel les chercheurs continueraient de payer des APC pour publier, mais dans lequel les institutions ne seraient plus obligées de payer pour accéder aux publications. À la place, les institutions seraient invitées à financer volontairement des revues et plateformes en accès ouvert diamant ou selon le modèle S2O. Dans cette situation, Rick Anderson considère qu’il ne serait pas du tout automatique que le soutien financier apporté à ces modèles vertueux remplace les abonnements à périmètre constant. En effet, les budgets des universités étant contraints, il y a de fortes chances que les budgets d’abonnement gérés par les bibliothèques soient réaffectés à d’autres besoins jugés plus urgents ou plus importants que le soutien à l’édition en libre accès : « Soutenir les éditeurs en libre accès peut être un objectif noble, mais il s’ajoute à une multitude d’autres objectifs tout aussi nobles qui se disputent le budget de l’université. »
Le soutien de l’Open Access passe également par le financement des infrastructures de recherche.
Dans un article de blog publié ce mois-ci, la directrice générale du DOAJ, Joanna Ball, remercie toutes les institutions et organisations qui continuent d’apporter à un soutien financier au DOAJ malgré les difficultés financières auxquelles elles sont confrontées. Elle rappelle que le DOAJ fonctionne sans subvention des bailleurs de la recherche et s’appuie uniquement sur l’investissement collectif de la communauté pour assurer sa pérennité. C’est grâce à la base de données du DOAJ (1500 journaux ajoutés par an) que la communauté scientifique peut connaître les journaux Open Access qui respectent les critères d’intégrité de la publication scientifique, et ainsi se prémunir des revues prédatrices.
Pour que les contributions aux infrastructures ouvertes se généralisent et soient considérées comme nécessaires au bon fonctionnement de la recherche, l’une des options consiste à mettre en lumière les institutions qui s’engagent. C’est l’objectif de la plateforme Transparency to sustain open science infrastructure (TSOSI) lancée en juin 2025 et présentée dans un billet du blog Ouvrir la Science. À ce jour, la plateforme rend visibles les contributions financières de plus de 1000 organisations de 47 pays à cinq infrastructures : DOAJ, DOAB, Peer Community In, SciPost et Operas. De nouvelles infrastructures seront progressivement ajoutées.


