Depuis 2019, trois éditeurs ont décidé d’opter pour le modèle Subscribe to Open (S2O) pour leurs revues de mathématiques : EDP Sciences, EMS Press et Mathematical Science Publishers. Plusieurs revues françaises de mathématiques ont donc pu expérimenter ce modèle, dont les 6 journaux édités par la Société de Mathématiques Appliquées et Industrielles (SMAI) publiés chez EDP Sciences et les Annales de l’Institut Henri Poincaré C et D publiées chez EMS Press.
Dans un article publié sur le site de l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions (Insmi), Amandine Véber, secrétaire générale adjointe aux publications de la SMAI et deux éditeurs en chef des Annales de l’Institut Henri Poincaré (Mathieu Lewin et Anne-Laure Dalibard) proposent leur retour d’expérience sur le modèle S2O.
Pour rappel, le modèle Subscribe to Open (dont nous vous parlions ici) permet que, chaque année, le contenu des revues soit accessible librement, sans frais pour les auteurs et les lecteurs, si un nombre suffisant d’institutions s’y sont abonnées cette année-là. L’enjeu est donc d’atteindre ce seuil d’abonnement chaque année pour que tous les numéros soient ouverts, tous les ans, sans interruption. Dans ce modèle, les articles sont publiés sous une licence CC-BY et restent ainsi en accès ouvert pour les années suivantes.
L’article explique que la publication scientifique ayant un coût (que l’on estime entre 500 et 1000 € par article pour le travail de mise en page, de connexion aux bases de données, de stockage, de mise en ligne…), il est important que des institutions soutiennent les revues en s’y abonnant. C’est donc dans ce soutien financier que réside le risque de ce modèle : les institutions pourraient devoir faire des coupes budgétaires et choisir de ne plus soutenir ce type d’initiative.
L’article souligne par ailleurs que ce modèle impose une nouvelle contrainte pour les revues : elles doivent devenir plus sélectives dans leur choix d’articles acceptés afin de respecter des budgets contraints. Cette transition a ainsi entraîné une hausse du niveau des revues. Ce bénéfice pourrait donc aussi être une solution pour éviter la fuite des abonnements : il est toujours plus facile de justifier un dépense pour une revue de qualité.
Enfin, l’article fait aussi remarquer que le modèle S2O est bénéfique pour la science en général. Ce système « incite les éditeurs à maintenir les publications à un très bon niveau. Ce n’est pas le cas des frais de publication pour les autrices et auteurs, puisqu’au contraire une revue qui perd en excellentes soumissions peut se contenter d’accepter des articles de faible qualité pour compenser le revenu perdu », explique Amandine Véber.
Source : Le modèle Subscribe to Open, une réussite dans le mouvement de la science ouverte, CNRS – Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions (Insmi)


