A la une

Stratégie de science ouverte 2026-2033 : quelles évolutions par rapport au précédent plan national ?

Publiée le 16 septembre 2026, la Stratégie de science ouverte 2026-2033 du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace prend le relais du deuxième Plan national pour la science ouverte (2021-2024). Elle inscrit la politique française de science ouverte dans une stratégie de long terme.

Le document présente d’abord les ambitions et les enjeux de la science ouverte, puis définit huit objectifs stratégiques (OS) et un plan d’action pour 2026-2029.

Zoom sur quelques nouveautés de cette stratégie :

La stratégie fait de la science ouverte le mode de fonctionnement normal de la recherche, et non plus un ensemble de pratiques simplement encouragées. L’OS1 vise ainsi à en faire « le principe par défaut » dans les pratiques de recherche, d’évaluation, de formation et de diffusion.

Cette évolution s’appuie sur un soutien renforcé aux infrastructures et services de science ouverte (plateformes d’édition ouverte, HAL, Recherche Data Gouv, Software Heritage, OpenAlex…), que la stratégie présente comme des « piliers de la souveraineté scientifique ». Dans le contexte économique et géopolitique actuel, l’OS3 vise à renforcer et pérenniser cet écosystème, en diversifiant les financements, en mutualisant le portage et le financement des infrastructures, et en favorisant leur coordination.

Autre nouveauté : l’entrée de l’intelligence artificielle dans le cœur de la politique de science ouverte. L’OS1 prévoit ainsi de « formuler des recommandations en matière d’IA dans un contexte de science ouverte » et « d’encourager la transparence et l’open source dans le domaine de l’IA ».

La stratégie accorde aussi une place plus importante à la qualité, à la fiabilité et à l’intégrité de la publication scientifique. Avec l’OS5, l’enjeu n’est plus seulement d’ouvrir les publications, mais aussi de renforcer la qualité des processus éditoriaux : plus de transparence dans le peer-reviewing, vigilance face aux contenus problématiques, soutien aux outils de signalement des rétractations, soutien au modèle registered reports…

L’OS5 propose également de « travailler à l’extinction du paiement unitaire des frais de publication (APC) », en renforçant les négociations collectives et en explorant la possibilité de rendre ces frais non éligibles dans le cadre du financement public de la recherche par appels à projets.

Avec l’OS7, la stratégie structure plus explicitement sa politique en faveur des logiciels de recherche. Elle prévoit notamment de poursuivre le travail sur le catalogue des logiciels libres de la recherche française, de mettre en place un réseau d’accompagnement pour le développement logiciel, et de créer un environnement de développement souverain (forge nationale).

Enfin, la transparence des essais cliniques devient un objectif stratégique à part entière (OS8). La stratégie prévoit notamment d’accompagner les promoteurs d’essais cliniques dans la communication de leurs résultats (guides, webinaires, indicateurs sur leur taux de communication…) et de développer un assistant en ligne pour le dépôt des résultats dans le registre européen Clinical Trials Information System.

Source : Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace. Stratégie de science ouverte (2026 – 2033) [Internet]. sept 2026. doi:10.52949/93