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Partage libre et rapide des résultats de la recherche sur le COVID-19 : un bilan mitigé

En 2020, dans le contexte de la pandémie de COVID-19, les appels à ouvrir les publications et partager les données sur le coronavirus se sont multipliés. A l’initiative du Wellcome Trust, 160 organisations dans le monde ont adopté une déclaration sur le partage des données et des résultats de la recherche relatifs à l’épidémie de coronavirus.

Dans un rapport mis à disposition sur Figshare, le Research on research Institute tente de mesurer les effets de ces engagements vers davantage d’ouverture, de rapidité et de transparence, en analysant la façon dont le système de communication scientifique a fonctionné pendant la pandémie.

A l’aide d’une analyse scientométrique approfondie (basée sur la base de données Dimensions mais également Crossref et Unpaywall), combinée avec les résultats d’une enquête auprès des auteurs de préprints COVID-19 et d’autres études publiées, les auteurs concluent que :

  • L’engagement en faveur d’un accès libre ou gratuit aux publications COVID-19 a été globalement respecté. 88% des publications COVID-19 évaluées par des pairs et publiées entre janvier 2020 et avril 2021 sont accessibles librement ou gratuitement (voies verte, dorée, hybride et bronze).
  • L’engagement de publier les recherches COVID-19 sur un serveur de préprint avant qu’elles ne paraissent dans une revue ou dans un autre système d’évaluation par les pairs n’a pas été tenu. Selon l’étude, seulement 5% des publications COVID-19 évaluées par les pairs sont associées à un préprint. Les auteurs reconnaissent cependant que le pourcentage réel est probablement un peu plus élevé ; il est possible que la méthodologie utilisée n’ait pas permis d’identifier tous les liens entre publications et préprints.
  • L’engagement de partager les jeux de données COVID-19 n’a pas été tenu, à l’exception des données de séquençage du génome SARS-CoV-2. Seule une petite partie des préprints et des articles COVID-19 sont associés à des données en libre accès.

Pour finir, les auteurs du rapport proposent un certain nombre de recommandations, notamment de renforcer les mécanismes d’incitation au partage des données, d’aligner les politiques des différents acteurs, de récompenser les chercheurs qui publient des préprints ou encore de publier les rapports de peer reviewing.

Pour aller plus loin :