Édition scientifique à l'ère de l'Open Access

Le « peer review » ouvert post-publication : un nouveau moyen pour renforcer l’intégrité scientifique ?

De nouveaux temps d’évaluation des articles scientifiques après leur publication vont-ils désormais faire partie intégrante de l’écosystème de la recherche ? C’est en tout cas une piste évoquée dans une note de l’Office Français de l’Intégrité Scientifique (OFIS), département de l’HCERES.

Sans détailler les moyens ou les modalités de cette possible intégration pour le moment, l’OFIS fait état du bénéfice apporté par les plateformes Pubpeer et autres sites de review post-publication (tel que microbiome digest). Ces blogs ou plateformes spécialisés permettent à des contributeurs, anonymes ou non, de commenter des articles parus et de discuter d’éventuels doutes ou manquements sur leurs résultats. Les commentaires, disponibles publiquement, peuvent renvoyer à des questions d’éthique (non-respect des réglementations en vigueur concernant la protection des personnes), de déontologie (absence de déclaration de conflits d’intérêt) ou encore d’intégrité scientifique (manipulation d’images).

Dans sa note, l’OFIS considère que les institutions scientifiques ont un rôle à jouer :

« Dès lors que le bénéfice de ces fonctions est établi pour la qualité et la fiabilité des productions scientifiques, pourquoi ne pas envisager leur reconnaissance voire leur prise en charge par les institutions scientifiques ? »

Une piste parmi d’autres :

« [Le monde académique] pourrait par exemple considérer les activités de commentaires post-publication comme relevant des activités ordinaires du chercheur, au même titre que les activités traditionnelles d’évaluation par les pairs. Ou encore, soutenir les interventions pertinentes d’acteurs qui ne sont pas ou plus des chercheurs en exercice, reconnaissant ainsi leur légitimité et leur utilité. »

Sur le papier, renforcer l’intégrité scientifique en adoptant plus officiellement les pratiques de reviewing ouvert post-publication semble pertinent, reste à voir quel espace peut leur être alloué au sein de institutions et dans quelles conditions ?