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La voie verte de l’Open Access

 [Mise à jour d’un article initialement publié en mars 2021]

En 2002, l’Initiative de Budapest pour l’Accès Ouvert identifiait deux grandes stratégies complémentaires pour rendre les publications scientifiques librement accessibles :

  • Créer ou transformer des revues afin qu’elles diffusent directement leurs articles en Open Access
  • Permettre aux chercheurs de déposer eux-mêmes leurs publications dans des archives ouvertes.

Cette seconde stratégie sera par la suite communément appelée voie verte, ou Green Open Access.

Dans son principe le plus simple, la voie verte consiste à rendre accessible, dans une archive ouverte, une version d’un travail scientifique publié ou destiné à être publié. Selon les politiques des éditeurs et le cadre juridique applicable, il peut s’agir d’un préprint, du manuscrit auteur accepté (après évaluation par les pairs), ou parfois de la version finale publiée par l’éditeur.

Le développement de cette voie a donné naissance à un écosystème international et varié d’infrastructures. En 2025, la Confederation of Open Access Repositories a lancé un répertoire destiné à cartographier cet écosystème. Il recense aujourd’hui environ 7 500 archives ouvertes de configurations très diverses : archives institutionnelles d’universités, archives nationales, archives disciplinaires comme arXiv ou PubMed Central, plateformes généralistes comme Zenodo…

Les données d’OpenAlex donnent une idée de l’ampleur de la voie verte. La base de données classe environ 66 millions de travaux dans la catégorie Green Open Access, soit 21 % de l’ensemble de son corpus. Cette catégorie inclut les publications non librement accessibles sur la plateforme de l’éditeur, mais dont une version gratuite existe dans une archive ouverte.

Mais les archives ouvertes jouent souvent un rôle supplémentaire : une publication déjà accessible sur le site d’une revue peut, en parallèle, être déposée dans une archive afin d’en garantir la conservation et la visibilité, ou de respecter les obligations d’un financeur.

Depuis quelques années, le dépôt en archive ouverte n’est plus seulement une démarche volontaire laissée à l’initiative des chercheurs. Les financeurs et les institutions l’ont progressivement intégré à leurs politiques de science ouverte.

Dans le programme européen Horizon Europe par exemple, les publications évaluées par les pairs doivent, dans tous les cas, être déposées dans un entrepôt de confiance, même lorsque elles sont librement accessibles sur le site web de l’éditeur. C’est le cas également pour les projets financés par l’ANR : le manuscrit accepté ou la version éditeur doit être déposé dans l’archive nationale HAL, au plus tard au moment de la publication.

Dans ce contexte, la voie verte va au-delà de la simple ouverture : elle garantit la conservation d’une copie pérenne de la production scientifique, dans une infrastructure contrôlée par la communauté académique ou par une institution publique.

Les archives ouvertes permettent ainsi d’agréger les productions d’une institution ou d’un projet, de produire des indicateurs, de relier publications, données et logiciels, et d’exposer leurs métadonnées à d’autres services.