En 2021, nous vous parlions de deux enquêtes qui visaient à comprendre les obstacles au partage des résultats négatifs. Cet été, l’éditeur Springer Nature a publié un livre blanc sur le sujet. L’éditeur a interrogé 11 069 chercheurs issus de 166 pays, afin de comprendre pourquoi ces résultats étaient encore peu publiés dans des revues scientifiques.
Voici les enseignements clés de cette enquête :
- 98% des chercheurs interrogés reconnaissent la valeur des résultats négatifs,
- 85% pensent qu’il est important de les partager,
- 53 % des chercheurs se souviennent avoir obtenu principalement ou exclusivement des résultats négatifs dans le cadre d’un projet de recherche,
- 68% de ces derniers ont déjà partagé ou tenté de partager leurs résultats négatifs.
Trois méthodes de partage prédominent :
- le partage direct avec d’autres chercheurs du même domaine (32% des cas),
- la présentation lors d’une conférence (30 % des cas),
- la soumission à une revue (manuscrit basé uniquement ou essentiellement sur des résultats négatifs, 30% des cas).
Les autres méthodes incluent notamment le dépôt d’un préprint sur un serveur dédié ou le dépôt d’un jeu de données dans un entrepôt.
L’enquête s’intéresse tout particulièrement à la publication des résultats négatifs dans une revue. Les premiers obstacles à la soumission sont la crainte que ces résultats aient peu de chances d’être acceptés pour publication, et le fait que les chercheurs ignorent à quelles revues les soumettre.
Un autre frein reste la peur des conséquences négatives sur la carrière ou sur la réputation auprès des pairs. Pourtant, 72% des chercheurs ayant publié des résultats négatifs dans une revue ont déclaré en avoir tiré des retombées positives, notamment le fait que leurs résultats aient inspiré de nouvelles hypothèses ou méthodologies dans leur domaine de recherche.
À la lumière de cette enquête, l’éditeur Springer Nature recommande plusieurs actions pour encourager la publication des résultats négatifs dans des revues.
Recommandations à tous les acteurs :
- améliorer la perception des résultats négatifs via des campagnes de sensibilisation et de formation,
- fournir des directives ou des conseils sur où et comment publier,
- faire avancer les discussions autour de la réforme de l’évaluation de la recherche, pour prendre en compte toutes les études rigoureuses, qu’elles aboutissent à des résultats positifs ou négatifs.
Recommandations aux éditeurs :
- afficher clairement la politique relative aux résultats négatifs sur les pages web des revues (y compris le taux d’acceptation),
- envisager de créer des sections dédiées aux résultats négatifs,
- fournir des directives aux auteurs, éditeurs et reviewers.
Recommandations aux financeurs et institutions : financer la publication en Open Access des résultats négatifs.
Rien de très nouveau donc depuis 2021, même si l’on note une certaine augmentation du nombre de personnes ayant déjà partagé leurs résultats négatifs. Les différentes initiatives lancées depuis 2021 auraient-elles eu quelques effets ?
Source : Springer Nature (2025). The state of null results. Insights from 11,000 researchers on negative or inconclusive results. White paper. https://stories.springernature.com/the-state-of-null-results-white-paper/ (infographie des principales conclusions : The value of publishing null results)
Voir aussi notre article : Comment publier ses résultats négatifs ?


