Springer Nature est issu de la fusion en 2015 de deux groupes d’édition :
- Springer, le premier, a été créé en 1842 en Allemagne. Son logo, un cavalier d’échec, fait référence au nom (Springer signifie cavalier en allemand). En 1999, l’entreprise familiale est rachetée par Bertelsmann. D’autres rachats suivront, puis une fusion en 2002 avec Kluwer Academic Publishers, important groupe d’édition scientifique néerlandais. Le groupe acquiert BioMed Central en 2008. En 2013, l’actionnaire majoritaire est un fonds d’investissement anglais, BC Partners.
- Le second groupe d’édition, Holtzbrinck, allemand aussi, détient depuis 1999 l’éditeur anglais MacMillan. Fondé en 1843, il a édité Lewis Carroll et Thomas Hardy, et lancé en 1869 Nature.
Actuellement le groupe est détenu à 57% par Holtzbrinck et à 43% par BC Partners. Après deux tentatives abandonnées, le groupe a réussi son entrée en bourse en 2024 avec 600 millions d’euros d’actions mises sur le marché. Le groupe est présent sur les secteurs de l’éducation, de la santé et surtout de la recherche (76% de son activité). Le chiffre d’affaires global est de 1,8 milliard d’euros en 2024, et estimé autour de 1,9 milliard pour 2025. Leur rapport annuel est accessible en ligne.
La publication académique représente une majeure partie de l’activité du groupe, avec plusieurs portefeuilles de revues : Biomed Central, Discovery, Nature Portfolio, Scientific American. Cela représente environ 3 000 titres de revues (dont 73 nouvelles créées en 2024), soit 482 000 articles, et 14 000 livres. La plateforme de prépublication Research Square leur appartient aussi.
L’Open Access est présenté par le groupe comme une opportunité : environ 50% des articles sont en accès libre (soit 240 000, contre 796 livres), et un peu moins de 800 revues sont en full Open Access. Les revues Discovery, récemment lancées sur ce modèle, sont critiquées pour être alignées sur le modèle MDPI (temps d’édition raccourci, sollicitations nombreuses pour des numéros spéciaux, et titres similaires). Les quelques 2 100 revues restantes ont un modèle hybride, mais un nombre toujours important d’accords transformants est signé. 66 actuellement, dont 22 nouveaux en 2024.
Springer Nature affiche une politique en faveur des pays à faible revenu : ils ont renoncé dans ce cadre à 34 millions d’APC. Dans une prépublication récente sur le volume global des APC, les auteurs notent que les frais les plus élevés sont chez Springer Nature (11 690 $ pour Nature) ; les APC médians s’élèvent à 2 790 $ dans leurs revues full OA et à 3 590 $ dans les revues hybrides.
Sur la question de l’intégrité, Springer Nature utilise des outils d’IA en interne pour repérer les publications frauduleuses : Geppetto pour les textes, SnappShot pour les images et un troisième pour les références douteuses. La revue Nature a par ailleurs annoncé généraliser la revue transparente par les pairs : les rapports d’évaluation par les pairs et les réponses des auteurs seront mis à disposition des lecteurs.
En terme de développement, Springer Nature présente deux innovations :
- Springer Nature Article Processing Platform (SNAPP), qui vise à fluidifier et simplifier la mise en relation des auteurs, éditeurs et reviewers,
- Springer Nature Link, le portail documentaire regroupant toutes leurs collections, avec des Research communities à destination des nouveaux chercheurs.
Le groupe se concentre sur des solutions d’IA pour améliorer ses plateformes et les processus d’édition, et n’a pour l’instant pas signé d’accord avec les acteurs du secteur de l’IA pour l’utilisation de ses contenus.


