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Plateformes de publication « alternatives » : quelles différences avec les revues savantes traditionnelles ?

Dans un document de cadrage publié en avril dernier, un groupe de travail de Knowledge Exchange présente les résultats de ses travaux sur les plateformes de publication « alternatives », c’est-à-dire les plateformes et projets d’édition qui se différencient des revues savantes traditionnelles, notamment par le processus de publication, la gouvernance et les infrastructures qui les portent. Une traduction en français a été réalisée par Serge Bauin (DDOR-CNRS), membre de ce groupe de travail, et Jean-François Nominé (Inist-CNRS).

Le groupe de travail commence par préciser ce qui, globalement, différencie ces plateformes de publication alternatives des revues savantes traditionnelles :

  • Elles s’adressent généralement à un champ disciplinaire plus large ;
  • L’accent est fréquemment mis sur la libre disponibilité du contenu, la transparence et l’efficacité plutôt que sur la sélectivité ou le prestige ;
  • Souvent, elles prévoient la publication des manuscrits auteurs ou des préprints et pratiquent une évaluation ouverte par les pairs.

Outre ces caractéristiques globales, les plateformes de publication alternatives peuvent s’axer sur un ou plusieurs des aspects suivants :

Le groupe de travail distingue trois types de plateformes d’édition alternatives :

  • Les plateformes de financeurs de la recherche, comme celles du Wellcome Trust, de la Fondation Bill & Melinda Gates, du Irish Health Board ou de Commission européenne, toutes les quatre utilisant l’infrastructure et le modèle de publication fournis par F1000Research.
  • Les plateformes régies par des acteurs institutionnels, nationaux ou régionaux, comme OpenEdition, plateforme française d’édition numérique en sciences humaines et sociales. Ces plateformes assurent souvent la charge d’une édition en langue locale et ainsi un soutien envers le multilinguisme.
  • Les plateformes d’édition expérimentales, comme par exemple SciPost, Research Equals ou Octopus. Ces plateformes pilotées par des chercheurs offrent de nouveaux flux de travail scientifiques ouverts tels que, entre autres, l’examen ouvert par les pairs, la reproductibilité, la modularité, la lisibilité par machine, le pré-enregistrement des hypothèses et des méthodes, la transparence et la facilité d’accès aux méthodes, la validation et la réutilisation de données et d’inférences.

La viabilité de ces plateformes dépend souvent du soutien qu’elles reçoivent, ce qui nécessite une reconnaissance plus large de leur rôle et une appréhension plus complète des prestations apportées. Le groupe de travail Knowledge Exchange propose donc d’élaborer par la suite une taxonomie du concept de « plateformes de publication alternatives » afin de faire ressortir les possibilités de développement et d’investissement.

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