Évaluation et pilotage de la recherche

Les nouveaux piliers de l’évaluation individuelle des chercheurs du CNRS

Le 15 novembre dernier avait lieu la 3ème édition du colloque annuel sur la science ouverte du CNRS. Cette année, le thème de la journée d’échange était axé sur les pratiques d’évaluation de la recherche, un des 4 piliers fondamentaux de la feuille de route du CNRS pour la science ouverte.

Cette journée a notamment été l’occasion de présenter aux présidents de sections les 4 principes à appliquer pour les évaluations individuelles :

– L’évaluation des résultats eux-mêmes et non plus au travers du prestige de la revue dans laquelle ils sont publiés. C’est une conséquence directe de la signature par le CNRS de la DORA (en juillet 2018) demandant l’exclusion du facteur d’impact des revues comme critère d’évaluation.

– La présentation d’un choix réduit de productions significatives, en expliquant la portée et l’impact de chaque résultat ainsi que la contribution personnelle du chercheur évalué. Cela permettra de ne plus participer à la course à la publication aussi connu sous le nom « Publish or Perish » (ça tombe bien, nous vous en parlions justement la dernière fois dans ce billet).

– L’évaluation d’un nombre étendu de documents et d’activités. Ainsi, les articles mais aussi les prépublications, les conférences, les données de recherche ou encore les logiciels seront pris en compte dans l’évaluation, tout comme les activités ne produisant pas de résultats scientifiques comme la formation, l’innovation, le management, l’investissement envers la science ouverte, etc. L’objectif est de mieux tenir compte des différents types de carrières qui existent et d’éviter certaines discriminations entre chercheurs.

– La disponibilité dans des archives ouvertes (comme HAL) de toutes les productions citées dans les dossiers de candidature.

Ces 4 principes s’inscrivent parfaitement dans les 18 engagements pris par le CNRS lors de la signature de la DORA et font écho à notre précédent billet : Comment changer l’évaluation de la recherche pour une évaluation plus qualitative ?

Le CNRS compte donc participer de tout son poids au débat. Il a d’ailleurs déposé un projet, avec plusieurs partenaires européens, afin de mener des expériences pilotes et ainsi déterminer quelles modifications de l’évaluation des scientifiques seraient les mieux reçues et les plus efficaces à l’échelle européenne.

Source : CNRS. L’évaluation des scientifiques en question. 2021.