Évaluation et pilotage de la recherche

Impacts de la science ouverte sur la recherche et les pratiques scientifiques : l’heure du bilan. Regardez les journées Impact SO 2026 en replay

Du 27 au 29 janvier 2026, se tenaient à Nancy les journées Impact SO, consacrées à l’impact des politiques de science ouverte sur les pratiques des chercheuses et chercheurs, sur l’évolution des métiers d’appui à la recherche et sur les résultats scientifiques. Cet évènement était organisé par l’université de Lorraine, Inria, INRAE et le CNRS, avec le soutien du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.

Si vous n’avez pas pu y assister, il est désormais possible d’accéder aux présentations et aux replays des interventions.

Dans son allocution d’accueil, Lionel Maurel (Direction des données ouvertes de la recherche – CNRS) explique que le mouvement de la science ouverte est devenu, huit ans après l’adoption du Plan national pour la science ouverte, une politique publique formalisée, qui doit être évaluée comme toute politique publique. La diversité des aspects couverts par la science ouverte (publications, données, logiciels, évaluation de la recherche et des chercheurs, science citoyenne, etc) en fait un sujet de recherche à part entière, qui peut et doit être étudié et analysé.

Les sessions variées de ces journées ont permis de présenter des initiatives concrètes et d’apporter des éclairages sur ces questions d’impact et d’évaluation. La reproductibilité a également été un sujet central, avec des interventions soulignant les failles dans les pratiques de publication et de partage des données.

À noter : l’impact écologique de la science ouverte a fait l’objet d’une session. Partager de manière responsable devient un impératif, et une réflexion approfondie sur les pratiques s’impose. Les modes de production et les pratiques numériques doivent s’aligner avec les enjeux environnementaux et promouvoir une approche sobre et responsable.

Focus sur quelques vidéos :

Dans cette intervention, Marin Dacos rappelle que la science ouverte n’est pas une fin en soi, mais qu’elle sert d’autres ambitions, des ambitions de société et de science. Il propose ainsi sept finalités de la science ouverte :

  • plus de rayonnement scientifique,
  • une recherche plus cumulative et plus collaborative,
  • une recherche plus reproductible,
  • une recherche plus responsable et plus durable,
  • plus de souveraineté académique,
  • plus d’innovation,
  • une recherche mieux diffusée au-delà du monde académique.

Pour chacune de ces finalités, il propose des indicateurs permettant de mesurer l’impact de la science ouverte. Le bilan est positif, avec beaucoup d’initiatives mises en place depuis le Plan national pour la science ouverte. Marin Dacos fait également part des obstacles, comme la diversité des pratiques disciplinaires, la résistance au partage des données ou les inquiétudes relatives à l’augmentation des coûts.

La dernière partie de la présentation souligne la nécessité de mener des recherches sur la science ouverte afin d’appuyer les politiques de science ouverte sur des preuves. Marin Dacos présente ainsi le projet GRIOS (Global Research Initiative on Open Science) qui a pour ambition de devenir un GIEC de la science ouverte, en produisant des synthèses des connaissances scientifiques existantes.

Jean-Baptiste Merilhou-Goudard présente les spécificités des sciences et recherches participatives (SRP) et ce qu’il est possible de mesurer pour évaluer l’impact de ces projets : les productions formalisées, mais aussi les transformations chez les acteurs. Il détaille également les difficultés rencontrées, liées notamment à l’hétérogénéité des productions, à la temporalité longue des projets et à la multiplicité des acteurs.

Il présente ensuite deux méthodes pour évaluer les impacts des SRP, la méthode MICS (Measuring the impact of citizen science) et la méthode ASIRPA (Analysis of the Social Impact of Research Approach), ainsi que deux exemples d’analyses d’impacts sur des projets INRAE. Ces exemples montrent que les projets de SRP peuvent avoir des impacts environnementaux, économiques ou sociopolitiques.

L’une des conclusions est que l’implication des personnes concernées dans les projets de SRP permet d’avancer beaucoup plus vite. Par exemple, le projet VitiREPERE a permis de réduire massivement l’utilisation d’herbicides dans les vignes, en seulement 3 ans, en impliquant les viticulteurs concernés.

A lire également, la synthèse de l’évènement : Retour sur Impact SO 2026, INIST, CNRS.