Gestion et partage des données et des logiciels

Enseignements de dix ans d’enquêtes sur le partage des données : les scientifiques connaissent mieux les principes FAIR mais ils manquent toujours de reconnaissance pour le partage de leurs données

Depuis dix ans, Digital Science, Figshare et Springer Nature publient chaque année un rapport intitulé « The State of Open Data ». Le rapport publié en janvier 2026 marque le dixième anniversaire de cette enquête annuelle à l’échelle mondiale sur les pratiques et les perceptions des chercheurs en matière de partage de données.

L’enquête a permis de recueillir plus de 43 000 réponses de chercheurs en 10 ans, dans plus de 200 pays. Le jeu de données des réponses, de 2016 à 2025, est disponible publiquement sur Figshare. Des entretiens avec des experts ont complété l’enquête, offrant ainsi des perspectives régionales sur le partage de données.

Les principaux résultats mis en avant sont les suivants :

– les chercheurs connaissent de mieux en mieux les principes FAIR : 15,2% d’entre eux déclaraient être familiers avec les principes FAIR en 2018, contre 40,6% en 2025. Seuls 20,4% d’entre eux n’en avaient jamais entendu parler en 2025.

– Le soutien aux politiques nationales exigeant des chercheurs qu’ils partagent leurs données diminue dans certaines régions au cours des dix dernières années. En Australie, la proportion de chercheurs soutenant fortement une obligation nationale d’open data est passée de 63,2% en 2016 à 27,4% en 2025. Les États-Unis ont suivi une trajectoire similaire, avec un soutien passant de 52,9% à 29,7%.

Les experts estiment que cette tendance serait liée aux difficultés de mise en œuvre des politiques d’open data rencontrées par les chercheurs. Ceci souligne la nécessité d’associer des infrastructures et un soutien pratique aux politiques, afin de faciliter le partage des données.

– La grande majorité des chercheurs continuent de penser que le partage des données n’est pas suffisamment valorisé. En 2025, 69,2% d’entre eux estimaient ne pas bénéficier d’une reconnaissance suffisante. Ce pourcentage était de 77,9% en 2020.

– Les chercheurs ont de plus en plus recours à l’IA pour gérer leurs données. Entre 2024 et 2025, l’utilisation de l’IA est passée :

  • de 17,2% à 23,5% pour la collecte des données,
  • de 22,1 % à 31,9 % pour le traitement des données,
  • de 16,1 % à 25,1 % pour la création de métadonnées.

Vous pouvez explorer l’ensemble des résultats de l’enquête de façon interactive sur le site web stateofopendata.com.

Source : Digital Science, Springer Nature, Team Figshare, et al. (2026). The State of Open Data 2025: A Decade of Progress and Challenges. figshare. Presentation. https://doi.org/10.6084/m9.figshare.30823079.v5