Évaluation et pilotage de la recherche

La science ouverte a-t-elle des bénéfices économiques ?

Le projet européen PathOS (Open Science Impact Pathways), qui s’est achevé fin août 2025, avait pour objectif de collecter des preuves concrètes de l’impact de la science ouverte. Le projet a publié une série de livrables dont un article de Science Insider reprend les principales conclusions.

L’équipe du projet PathOS a d’abord exploré la littérature scientifique et publié trois scoping reviews (études de la portée) sur l’impact académique, sociétal et économique de la science ouverte.

Certains bénéfices académiques sont clairs. Par exemple, les publications en libre accès bénéficient d’une visibilité accrue, se traduisant par davantage de citations dans d’autres articles et dans les demandes de brevets. De plus, la science citoyenne, qui engage des membres du public à participer à des projets scientifiques, démontre des bénéfices pédagogiques, améliorant la compréhension des sujets étudiés.

Cependant, les auteurs ont trouvé peu de preuves solides indiquant que la science ouverte ait apporté des bénéfices économiques et sociétaux importants ou ait eu des effets durables et généralisés sur la recherche. L’équipe du projet PathOS souligne la difficulté de mesurer l’impact direct de l’accès libre parmi d’autres variables (comme la qualité du contenu) et le manque d’études sur le sujet.

Sur le plan économique, pour combler le manque de preuves quantitatives, le projet PathOS a développé une méthode permettant de comparer les coûts et bénéfices des pratiques de science ouverte et l’a appliquée à deux études de cas : UniProt, base de données ouverte et annotée de séquences de protéines et RCAAP (Repositório Científico de Acesso Aberto de Portugal), l’archive ouverte du Portugal.

  • Pour UniProt, les bénéfices économiques excèdent largement les coûts. La base de données permet aux utilisateurs de gagner du temps pour accéder aux données et mener leurs recherches, en évitant des travaux redondants pour générer des données qui existent déjà. Les bénéfices économiques annuels sont estimés entre 373 et 565 millions d’euros, contre 14,6 millions d’euros de coûts annuels, liés en grande partie au temps de curation.
  • L’archive ouverte nationale RCAAP présente un intérêt académique évident en facilitant l’accès aux publications scientifiques. Son infrastructure partagée et la mise en commun des expertises à l’échelle nationale permettent également de générer des bénéfices économiques. Ces bénéfices sont estimés à 285 000 euros par an, tandis que les coûts annuels s’élèvent à 200 000 euros.

Le projet PathOS a également développé un manuel identifiant 31 indicateurs pour évaluer l’impact de la science ouverte. Sur le plan économique, plusieurs indicateurs ont été identifiés mais restent encore à développer. Ces indicateurs permettraient de mesurer :

  • le gain de temps et d’efficacité liés aux pratiques de science ouverte ;
  • le développement de nouveaux produits, services, technologies et brevets favorisé par le partage des connaissances ;
  • la stimulation des collaborations entre instituts de recherche et industrie facilité par les pratiques de libre accès ;
  • l’influence de la science ouverte sur le marché du travail, en favorisant la création de nouveaux postes et de nouvelles compétences, contribuant ainsi à la croissance économique ;
  • la contribution de la science ouverte à la croissance économique des entreprises, en particulier des start-ups et des PME.

Sources :