La cOAlition S a créé en 2022 la plateforme Journal Comparison Service pour recueillir des informations de la part des éditeurs de revues scientifiques sur les services de publication fournis et comprendre à quoi servent les APC payés par les auteurs (Article Processing Charges : frais de publication demandés aux auteurs pour publier en Open Access).
Un article publié sur le blog de la cOAlition S analyse les données recueillies en 2022. Les données étant confidentielles, elles ont été agrégées et anonymisées pour ce rapport.
Participation des éditeurs
Bien que la transparence et l’intégrité soient des éléments primordiaux de la bonne santé de l’édition scientifique, le nombre d’éditeurs ayant fourni des informations est très faible, seulement 33 en 2022, et parmi les « grands » éditeurs, seul Wiley a répondu. L’analyse porte ainsi sur 1871 revues et n’est par conséquent pas représentative de l’ensemble de l’édition scientifique. La liste des éditeurs ayant participé est disponible en annexe A en bas de page.
Montant des APC
La distribution des APC donne une médiane située à 2940 $. Le modèle diamant (sans APC) est encore très faiblement représenté : 7% des titres, soit 125 revues.
A noter qu’une même revue peut demander des APC à des tarifs différents. Seule la valeur la plus élevée a été reprise sur le graphique ci-dessous.

Discipline des revues
Pour comprendre comment les différences entre disciplines peuvent influer sur les prix pratiqués, deux grandes catégories ont été comparées :
- Les revues en sciences médicales et de la santé (medical and health sciences, MSH) : 543 revues ;
- Les revues en sciences humaines et sociales (social sciences / humanities, SSH) : 393 revues.

Les APC moyens et médians sont globalement similaires dans les deux disciplines, ce qui peut paraitre surprenant (on s’attend à ce que les APC dans les revues en SSH soient plus bas que dans les revues de MHS). Cela peut toutefois être dû au fait que 60% des revues analysées proviennent de l’éditeur Wiley.
Le nombre de revues ne faisant pas payer d’APC est plus élevé en SSH (14%) qu’en MHS (2%) ce qui est conforme à la pratique plus répandue de l’Open Access diamant en SSH.
Services fournis par les éditeurs
L’étude nous donne des informations sur les différents services fournis par les revues. On y apprend par exemple que le processus de peer-reviewing est deux fois plus long en SSH qu’en MHS (64 jours contre 33).
Enfin, un tableau nous indique la part des différents services dans le prix total facturé :
- Le « Développement communautaire de la revue » est le poste le plus important (27% du prix pour les revues en MHS et 34% pour les revues en SSH). Cela inclut la politique de développement de la revue, les coûts du comité éditorial, toutes les études de développement comme le benchmarking, etc.
- La gestion du peer-reviewing, sans doute le service le plus important fourni par les éditeurs, ne représente que 14% du prix (identique entre les 2 disciplines). Ce sont des coûts d’organisation, on sait que l’évaluation par les pairs est effectuée sans rémunération par les chercheurs.



