Gestion et partage des données et des logiciels

Adopter des bonnes pratiques de gestion des données pourrait limiter les situations d’inconduite scientifique

Les articles rétractés pour cause de problèmes liés aux données ne sont pas rares. Ces inconduites scientifiques peuvent être de deux ordres : fraudes délibérées ou fautes involontaires. Hors, selon les auteurs d’un article publié récemment dans le Journal of eScience Librarianship, ces inconduites pourraient être évitées ou limitées en adoptant de bonnes pratiques de gestion des données.

L’article commence par des cas assez « extrêmes » de fraudes scientifiques : manipulation et fabrication de données, tromperies à l’égard des collaborateurs concernant l’origine des données, exagération des conclusions basées sur les données et incapacité à produire les données nécessaires pour étayer ces conclusions. Dans tous les cas, le chercheur en question occupait une position de pouvoir importante au sein de son institution. Ces positions les ont probablement protégés de toute question émanant d’étudiants ou d’autres membres de leur équipe de recherche.

Les auteurs de l’article sont conscients que la mise en œuvre des bonnes pratiques de gestion des données ne peut pas entièrement prévenir ou atténuer ces problèmes. Cependant :

  • Certaines pratiques comme la documentation et la transparence peuvent limiter la tentation de manipuler les données et permettre une vérification aisée au sein de l’équipe de recherche ou à l’extérieur de celle-ci.
  • Certaines activités de gestion des données (comme la rédaction de plan de gestion des données) peuvent permettre aux équipes de procéder à une auto-évaluation de leurs pratiques actuelles et d‘identifier les points faibles qui peuvent conduire involontairement à une inconduite scientifique (comme la perte de données ou la réutilisation inappropriée de données).

Les auteurs proposent ainsi une liste de pratiques de gestion des données qui pourraient être mises en œuvre au sein des équipes de recherche, notamment :

  • rédiger un plan de gestion des données ;
  • s’assurer de la bonne sauvegarde des données ;
  • convertir les fichiers dans un format non propriétaire et/ou de préservation ;
  • citer les données réutilisées ;
  • définir au sein de l’équipe des conventions de nommage des fichiers ;
  • cataloguer et documenter les jeux de données produits par l’équipe ;

Avant d’adopter une nouvelle pratique, les auteurs de l’article proposent aux chercheurs de réfléchir aux bénéfices pour l’équipe et à la manière dont cette pratique pourrait réduire ou atténuer le risque d’inconduite.

Source : Coates, Heather, Abigail Goben, and Kristin Briney. 2023. « What if It Didn’t Happen: Data Management and Avoiding Research Misconduct. » Journal of eScience Librarianship 12(3): e746. https://doi.org/10.7191/jeslib.746. Article sous licence CC BY-NC 4.0