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Bénéfices et limites des preprints : des propositions pour améliorer le système

Dans un article publié dans Frontiers in Medicine, Bruno Bonnechère questionne l’impact des preprints sur la société durant la crise Covid.

Il rappelle que l’usage de plus en plus important des preprints n’est pas lié à la crise, celle-ci a simplement renforcé une tendance déjà en cours. Les bénéfices des preprints étaient déjà connus – accélération de la diffusion des résultats, preuve de l’antériorité d’une découverte, retours et visibilité plus rapide pour les auteurs – mais la situation exceptionnelle de la pandémie en a également révélé les limites.

Dans une période où le besoin d’information est aussi crucial et les médias à l’affut de la moindre nouveauté, certaines informations contenues dans des preprints ont été diffusées au grand public, sans qu’il soit rappelé la différence avec un article revu par les pairs. Ceci a ainsi semé la confusion dans le discours scientifique et impacté la confiance que la communauté pouvait avoir dans le processus de recherche. Pour être juste, Bruno Bonnechère rappelle que les médias ne sont pas les seuls à blâmer, car plusieurs scandales liés à des articles revus par les pairs ont également éclaté pendant la crise.

Après avoir pris en compte les points de vue des chercheurs, des éditeurs et du public, l’auteur en arrive aux propositions suivantes pour améliorer le système :

  • Les preprints ne devraient être publiés qu’à partir du moment où le manuscrit est en cours de relecture par une revue.
  • Après le processus de peer-review, le preprint devrait être retiré en cas d’acceptation afin de ne laisser que la version finale en ligne. En cas de rejet, le preprint devrait également être retiré.
  • Les preprints ne devraient pas recevoir de DOI et ne devraient pas figurer dans les dossiers de demande de financement.

Des propositions qui s’inscrivent dans un débat plus large sur la qualité du peer-reviewing moderne.