Dans un article du Monde Sciences du 2 octobre, David Larousserie revient sur le symposium, qui s’est déroulé du 17 au 19 septembre à Paris à huis-clos. Il s’intitulait “Décontaminer la littérature scientifique”. Le journaliste a pu s’entretenir avec les participants au sortir de l’événement.
Financé par l’Institut Universitaire de France (IUF) et le projet Nanobubbles, ce symposium a réuni une quarantaine de chercheurs et de spécialistes venus du monde entier. Ils se sont retrouvés pour partager leurs expériences et échanger sur leurs pratiques de « traqueurs » de manquements à l’intégrité scientifique dans la littérature scientifique. L’objectif était de consolider leurs actions mais également de réfléchir à de nouveaux champs d’investigation, à la valorisation de leur activité, etc.
Parmi les participants, on retrouve notamment Guillaume Cabanac (titulaire d’une chaire fondamentale à l’IUF sur l’analyse de la littérature scientifique, l’intégrité scientifique et la scientométrie et membre du projet Nanobubbles), Cyril Labbé (membre du projet Nanobubbles), Elisabeth Bik, Jennifer Byrne, Smut Clyde, Lonni Besançon, Nick Brown… Certains avaient déjà fait l’objet de portraits dans une série d’articles du même journaliste, “Chasseurs de fraude”.
Cette communauté s’organise et développe des outils, comme le Problematic Paper Screener, mis au point par Guillaume Cabanac à partir de la reconnaissance des “expressions torturées” (tortured phrases) pour reconnaître des articles douteux ou plagiaires. D’autres relais sont à leur disposition comme le site Retraction watch, un observatoire des articles rétractés, et PubPeer, un site sur lequel les utilisateurs peuvent commenter les articles publiés et signaler d’éventuels manquements scientifiques ou éthiques. Le blog de Leonid Schneider “For Better Science”, au ton provocateur, est aussi une caisse de résonance de cette démarche.
Quelques mots sur le projet Nanobubbles qui co-finance le symposium :
Ce projet, financé par l’ERC et porté par 4 chercheurs des Universités Sorbonne Paris Nord, Maastricht, Grenoble-Alpes et Radboud, se concentre sur “comment, quand et pourquoi la science ne parvient pas à s’auto-corriger ? ”. Il explore, dans le domaine de la nanobiologie, la circulation de l’information et les processus de correction en utilisant des approches issues des sciences naturelles, de l’ingénierie (traitement du langage naturel), ainsi que des sciences humaines et sociales (linguistique, sociologie, philosophie et histoire des sciences).


