Édition scientifique à l'ère de l'Open Access

Le taux de rétractation des publications s’envole en 2023

L’Office Français de l’Intégrité Scientifique met en avant dans sa dernière infolettre une étude de la revue Nature qui montre que plus de 10 000 articles ont été rétractés en 2023. Cela porte ainsi le taux de rétractation à 0,2% cette année alors qu’il était de 0,1% en 2020 et d’environ 0,025% en 2003.

La majeure partie de ces 10 000 rétractations est à imputer à l’éditeur Hindawi, responsable du retrait de 8 000 publications pour « assainir » les journaux qui ont intégré le giron de l’éditeur Wiley.

L’étude a également identifié les pays ayant les plus fort taux de rétractation (parmi les pays ayant publié plus de 100 000 articles au cours des 20 dernières années) : dans l’ordre, l’Arabie saoudite (30 rétractations pour 10 000 articles), le Pakistan, la Russie, la Chine, l’Égypte, la Malaisie, l’Iran et l’Inde (15 rétractations pour 10 000 articles).

On pourrait s’alarmer du fait que le nombre de rétractations d’articles augmente à ce point, mais d’après Ivan Oransky, co-fondateur de Retraction Watch, c’est aussi « un signal positif qui indique que la littérature scientifique est mieux corrigée qu’avant ».

Finalement, même si le nombre total de rétractations enregistrées à ce jour a dépassé les 50 000, le problème de la publication de mauvaise qualité reste un problème majeur. L’article de Nature rappelle ainsi que les publications des « paper mills » – ces entreprises qui vendent de faux articles à des scientifiques – ne sont toujours pas rétractées. Elles représenteraient des centaines de milliers d’articles. Bien que ces articles ne soient en général pas lus, ils peuvent être associés à des articles de qualité dans des reviews (articles de revues de la littérature) et intégrer ainsi la littérature scientifique au même titre que les autres.

Source : Infolettre n°9 de l’Office Français de l’Intégrité Scientifique