Le site Ouvrir la Science revient sur l’étude intitulée “The strain on scientific publishing” publiée sur arXiv en 2023 (et depuis dans la revue Quantitative Science Studies) qui cherche à identifier les causes de l’explosion du nombre de publications scientifiques et d’en saisir les conséquences sur l’activité de recherche.
Les deux stratégies mises en évidence dans le préprint expliquant l’explosion du nombre de publications sont :
- L’augmentation du nombre d’articles par revue et du nombre de revues dans le catalogue de chaque éditeur.
- L’augmentation du nombre de numéros spéciaux accroissant de façon exponentielle le nombre d’articles publiés et le net raccourcissement du temps entre soumission et acceptation de ces articles.
La première stratégie est celle employée par les éditeurs les plus anciens tandis que la seconde est employée par les 3 éditeurs régulièrement pointés du doigt pour leurs pratiques peu rigoureuses : MDPI, Frontiers et Hindawi.
Suite à la réaction de l’éditeur Frontiers et notamment ses reproches sur le fait que les données du préprint étaient sous embargo (car issues des bases commerciales Scopus et Web of Science), Benoît Pier (Directeur de recherche au CNRS) et Laurent Romary (Directeur de recherche à l’Inria) ont tenté de reproduire certains aspects de l’étude en interrogeant cette fois les données ouvertes de la base OpenAlex. Ils ont ainsi pu retrouver exactement les mêmes tendances d’évolution du nombre d’articles publiés par an, par journal et par éditeur (voir la figure publiée dans le billet d’Ouvrir la Science).
Les auteurs concluent qu’en l’état, le système n’est pas soutenable. Une augmentation exponentielle du nombre d’articles ne permet pas le maintien de la qualité scientifique puisqu’il repose sur le travail de relecture par les pairs qui nécessite du temps et des humains. Ils encouragent donc la communauté scientifique à « faire de la meilleure science et donc publier moins et mieux ».
Source : Mesures et démesure de la publication scientifique. Benoît Pier et Laurent Romary. Ouvrir la Science


