On vous explique

Les Registered Reports

Course à la publication « Publish or Perish », invisibilisation d’une partie de la science, faible reproductibilité des résultats…. Quelle solution pour faire face à ces nombreuses dérives ? Le modèle de publication Registered Reports (RR) pourrait bien changer la donne.

Proposée en 2012, cette nouvelle forme de publication change la façon dont les revues sélectionnent les articles : dans ce modèle, la problématique, l’hypothèse de travail ainsi que la méthodologie sont examinés par les pairs et acceptés au préalable avant que la recherche ne soit entreprise.

En fonction de l’importance de la question de recherche et de la qualité de la méthodologie, le comité de rédaction accepte ou non de publier ultérieurement les résultats. S’il accepte, il attribue un IPA (In-Principle Acceptance) : un engagement de la revue à publier les résultats, quels qu’ils soient. En pratique, lorsque le manuscrit sera soumis quelques années plus tard, une nouvelle étape d’évaluation sera effectuée pour s’assurer du respect du protocole (ou comprendre pourquoi des modifications ont été apportées) et vérifier l’interprétation correcte des résultats. Sauf problème majeur, l’article est alors publié, même si les résultats ne confirment pas l’hypothèse de départ.

Aujourd’hui, un peu plus de 300 revues, plateformes et communautés proposent ce format, dont par exemple BMC Biology, Frontiers in Neuroscience, Nature Communications, Open Research Europe, PCI Registered Reports, PLOS Biology, PLOS ONE, Scientific Reports

Dans un article très intéressant publié en novembre 2021, Chris Chambers, l’inventeur du concept de Registered Reports, dresse un panorama complet de l’histoire, des progrès et des perspectives d’avenir de l’initiative RR. Il propose également des conseils pratiques aux auteurs, reviewers et éditeurs. Enfin, il tente de répondre à la question suivante : les RR fonctionnent-ils comme prévu pour réduire les biais de publication et améliorer la qualité et la reproductibilité des études ?

Citons par exemple cette étude au cours de laquelle 353 scientifiques ont évalué à l’aveugle 29 RR publiés en psychologie et neuroscience et 57 articles non-RR, selon 19 caractéristiques. Les résultats confortent très nettement le modèle RR : les RR ont numériquement surpassé les non-RR sur chaque critère, avec des améliorations statistiquement robustes dans des critères tels que la rigueur méthodologique et la qualité globale de l’article, tout en étant statistiquement indiscernables des articles de comparaison pour des critères comme la nouveauté et la créativité.

Pour aller plus loin : consulter le blog « Rédaction Médicale et Scientifique » d’Hervé Maisonneuve qui a beaucoup écrit sur la thématique des Registered Reports.

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